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Parole à Rosemary, Jimoh et Mariama, étudiantes des cours de français du Cada de Bègles

Publié le : 25/03/2024

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© Mariama / Rosemary / Jimoh

Cet article est issu de la Lettre de l'asile et de l'intégration, newsletter bimestrielle de France terre d'asile qui propose un éclairage sur des problématiques liées à l'asile et l’intégration en France. Inscrivez-vous pour la recevoir !

Jimoh et Rosemary sont nigérianes, Mariama est sierra-léonaise. Toutes trois sont arrivées en France sans parler français. Dans le cadre du projet AMAL, mené par France terre d’asile, elles bénéficient de cours de français gratuits, qui comportent une particularité : ils sont réservés aux femmes demandeuses d’asile, et s’accompagnent d’un service de garderie. Elles ont accepté de partager avec nous leur expérience et reviennent sur l’importance de l’apprentissage du français dans leurs parcours d’intégration en France.

Dès leur arrivée en France, toutes trois ont dû faire face à la barrière de la langue. Élément crucial pour l’intégration des personnes primo arrivantes dans le pays, l’apprentissage de la langue n’est pourtant pas toujours accessible. En effet, l’État ne finance pas de cours de français pour les personnes en demande d’asile, et ces dernières dépendent de cours proposés par des associations ou des bénévoles. Mariama, Jimoh et Rosemary, elles, sont unanimes quant à l’importance d’accéder à des cours de français : « Proposer des cours gratuits […] c’est bien. […] Ce n’est pas facile, ce n’est pas automatique pour quelqu’un de juste passer à une autre langue », souligne Mariama.

Assurées par une professeure de français langue étrangère, douze heures de cours sont proposées par semaine (six heures de français langue étrangère et six heures d’alphabétisation) avec l’objectif de permettre aux demandeuses d’asile d’être plus autonomes, et de leur donner les outils nécessaires pour leur intégration future. La professeure s’adapte aux niveaux variés de chacune des étudiantes en proposant différentes activités : « elle nous donne des leçons, nous écoutons des audios en français, […] nous avons fait des examens », détaille Mariama. Jimoh explique qu’elle apprécie particulièrement le fait de travailler la compréhension orale du français ainsi que d’avoir l’opportunité de faire des sorties dans le cadre des cours. Les étudiantes ont en effet pu se rendre à la bibliothèque dans le cadre d’une sortie de classe. Rosemary, quant à elle, explique apprécier l’ambiance des cours, et le fait que la professeure ait « de l’ambition » pour elles et soit attentive au niveau de chacune, sans chercher à faire de différences entre les étudiantes.

 

Une garderie pour rendre les cours accessibles à toutes

Afin de les rendre accessibles à toutes, les cours de français proposés dans le cadre du projet AMAL disposent d’un service de garderie. Actuellement, six enfants sont pris en charge. Rosemary, dont la petite fille bénéficie de ce service, se dit très satisfaite de ce format : « Dans d’autres associations où ils donnent des cours de français, ils n’autorisent pas les mères à venir en cours de français avec des bébés. Grâce au Cada [Centre d’accueil pour demandeurs d’asile] c’est plus simple pour moi en particulier, car j’ai un bébé et je peux quand même venir en cours ». Jimoh, également mère de trois enfants, explique que la possibilité de faire garder son bébé a beaucoup aidé à ce qu’elle puisse accéder à des cours de français.

 

« Apprendre le français permet de se sentir à sa place, de ne pas avoir peur de communiquer » (Mariama)

 

Après quelques mois de cours, les jeunes femmes constatent déjà l’impact sur leur quotidien. Mariama estime que même si son niveau de français ne lui permet pas encore de tout comprendre, il lui permet tout de même de créer du lien avec d’autres personnes : « Si tu essaies de communiquer, et que la personne en face te comprend aussi, la conversation est mieux, tu te sens semblable à l’autre personne ». « J’ai pu aller à des rendez-vous, sans avoir quelqu’un pour interpréter pour moi », explique Jimoh. Elle apprécie cette nouvelle autonomie. Ses progrès en français lui permettent aussi de s’impliquer davantage dans la scolarité de ses enfants : « J’ai pu observer leurs progrès scolaires. J’ai pu vérifier leurs livres et faire leurs leçons avec eux » détaille-t-elle.

Jimoh, Mariama et Rosemary partagent toutes le souhait de travailler en France, et de continuer à construire une vie ici. « Dans le futur, en ayant appris le français, en ayant appris comment parler, comment écrire dans cette langue, je pourrai travailler. », explique Mariama. Un sentiment partagé par Jimoh qui espère pouvoir « poursuivre [sa] carrière » grâce à l’apprentissage du français.